Travaux

Étude sur la relation entre structure de propriété, structure financière et performance financière

« Does ownership structure affect financial structure, performance and risk ? A comparison between cooperative and investor-owned firms ». Ce travail a démarré en janvier 2014 et s’est poursuivi jusqu’en septembre 2015. Au cours de l’étude, 6320 observations de coopératives françaises ont été examinées sur 2004-2012 et comparées à des petites et moyennes entreprises actionnariales. Les résultats ont mis en avant les points suivants :
– les coopératives détiennent plus de réserves et souscrivent plus de dettes à long terme que les petites et moyennes entreprises actionnariales,
– elles génèrent également une rentabilité positive, mais inférieure, à celle des entreprises actionnariales, avec une plus faible volatilité,
– les entreprises coopératives adoptent une vision à long terme et ont une aversion au risque tout en restant profitables.

Étude sur les interactions entre le risque financier et la performance sociale de l’entreprise

« Interactions Between Corporate Social Responsibility and Financial Risk: International Evidence ». Ce travail s’est déroulé en janvier 2015. La performance sociale de l’entreprise a été mesurée par les scores Environnementaux, Sociaux et de Gouvernance (ESG) de l’agence Asset4. Celle-ci utilise un échantillon mondial de 3 787 entreprises (23 194 observations) couvrant 67 pays, sur la période 2003-2012. Grâce à des régressions (OLS, panel) multivariées, les résultats indiquent qu’une bonne performance ESG passée de l’entreprise réduit de manière significative son risque spécifique, son risque total ainsi que la volatilité des taux de rentabilité (s[Roa]). Ces résultats corroborent l’hypothèse selon laquelle les investissements RSE permettraient de réduire le risque financier.
Enfin, l’utilisation d’une approche VAR (vecteur autorégressif), met en évidence l’existence des relations de type bidirectionnelles entre le risque financier et les performances ESG. L’existence d’un cercle vertueux entre la performance RSE et les risques spécifique et total a également été mise en évidence.

Étude sur l’influence de la communication RSE sur la valeur perçue et sur la confiance des consommateurs envers les marques

Ce travail a été mené en janvier 2015. Pour ce faire, le choix d’un visuel de magazine d’une marque fictive agroalimentaire a été réalisé. En effet, ce visuel a été considéré comme stimuli et canal de communication pour l’expérimentation. L’objectif était d’évaluer l’impact de la communication d’une PME impliquée dans une démarche responsable sur la valeur perçue et la confiance du consommateur. Un questionnaire en ligne auprès de 645 consommateurs a été mis en place pour tester quatre messages responsables (les messages portaient sur la dimension environnementale, sociale, sociale et environnementale, et un message de contrôle). Les résultats montrent l’intérêt pour les PME de communiquer prioritairement aux consommateurs des messages portant sur la dimension environnementale. Les résultats suggèrent que le message environnemental est non seulement plus efficace sur les valeurs éthique et sociale, mais engendre également une confiance accrue des consommateurs envers la marque.
De plus, cet impact positif suggère qu’il n’est pas modéré ni par le scepticisme du consommateur ni par sa préoccupation concernant son pouvoir d’achat. L’originalité de la recherche réside dans la prise en compte de la théorie de la valeur perçue dans une perspective de communication responsable. Enfin, la conceptualisation et l’étude de l’impact de ce genre d’argumentaire permettent de développer une façon plus efficace pour les PME de communiquer leurs engagements responsables aux consommateurs.

Étude du comportement des investisseurs face à un choc stochastique de la valeur fondamentale

8 sessions expérimentales ont été menées au LEEM (laboratoire d’économie expérimentale de Montpellier) entre janvier et septembre 2015.
Elles ont permis de mettre en avant plusieurs points :
– l’observation de bulles spéculatives dans nos marchés expérimentaux,
– la sur-réaction des prix face à un choc à la hausse de la valeur fondamentale et une sous-réaction face à un choc à la baisse,
– l’impact du choc affectant négativement les intervalles de confiances des prix, le volume de transactions et la variance des rendements des prix de transactions,
– la relation positive entre les volumes de transactions et la différence d’opinions des investisseurs,
– l’effet du choc réduisant la différence d’opinions des investisseurs.

Étude sur l’influence du niveau de vérification des informations RSE sur les choix d'investissement financiers

Ce travail a démarré en 2014 et s’est poursuivi courant 2015. Cette recherche propose d’étudier si différents niveaux de vérification de l’information RSE influencent différemment les choix d’investissement financier. Une expérimentation a été réalisée auprès d’un public d’analystes financiers en tant que professionnels divulguant des recommandations d’investissement financier. Cette étude montre tout d’abord que la divulgation d’informations RSE par les entreprises influence favorablement les recommandations d’investissement des analystes. De manière plus inattendue, il apparaît que les analystes financiers favorisent moins les entreprises attestant un niveau faible de vérification de leurs informations RSE, que celles qui ne recourent pas à la vérification sociétale.

Etude sur l’analyse du risque financier des portefeuilles socialement responsable en considérant les critères ESG pris individuellement

Ce travail a démarré en juillet 2014 et s’est poursuivi jusqu’en août 2015. Le portefeuille qui surperforme sur les 3 critères ESG a un risque financier plus faible que celui du portefeuille qui sous-performe sur ces trois critères. Les autres portefeuilles partiellement responsables, c’est -à dire ceux qui affichent une surperformance sur un ou deux des critères ESG, ne sont pas statistiquement moins risqués que les portefeuilles non responsables. Ce résultat est validé quand on contrôle le secteur d’activité et la taille des entreprises ainsi que les conditions du marché. Ceci montre qu’être performant sur un des critères RSE n’implique pas une meilleure gestion du risque financier. Ce résultat pourrait donc être dû aux synergies et à la complémentarité qui existent entre les différents critères.

Étude sur l’utilisation de promotions (présence/absence) par les marques GMS et leur effet (négatif) sur la durabilité de la relation avec leurs consommateurs

Ce travail s’est déroulé en décembre 2015. Cette étude porte sur les promotions menées sur des produits de grande consommation distribués en grandes et moyennes surfaces. Elle vise à mesurer l’impact des promotions sur la durabilité de la relation consommateur-marque. En comparant la présence et l’absence de promotions en rayon, l’objectif est de démontrer l’effet négatif à long terme des promotions sur la fidélité à la marque. L’exposition à la promotion est suivie de mesures relationnelles (confiance, engagement, fidélité). Cette étude étant actuellement en cours, les résultats ne sont pas encore connus.

Étude sur l’impact de la création d’une marque sur la performance financière d’une entreprise selon sa structure de propriété – coopérative ou capitaliste

« Linking ownership structure and branding strategy to financial performance and stability: case of French wine cooperatives ». Ce travail a démarré en septembre 2014 et s’est poursuivi jusqu’en octobre 2015. Une approche normative a tout d’abord été adoptée pour mieux étayer les contraintes et les incitations à la création d’une marque selon chaque type de structure. Puis les résultats ont été testés via une étude quantitative du secteur vitivinicole basée sur un questionnaire de 207 entreprises françaises combinée à des données financières. Cette étude a mis en évidence plusieurs points :
– les coopératives sont plus contraintes à créer une marque propre, cependant elles investissent plus dans la création d’une marque collective,
– les entreprises ayant des marques propres ont une sous-performance financière,
– le facteur principal qui contribue à la stabilité financière de l’entreprise est la structure de propriété coopérative plutôt que la création d’une marque.

Étude sur la réaction des investisseurs face aux risques environnementaux, sociaux et de gouvernance

« Investors Reactions to Environmental Social and Governance Risks: An Empirical Test of Insurance Value of Corporate Social Responsibility ». Ce travail s’est déroulé en avril 2015. Cette étude teste empiriquement l’hypothèse selon laquelle une forte performance RSE agit comme une assurance en cas de réalisation d’un risque RSE.
Ont été considérés 500 événements négatifs survenus de 2004 à 2011 dans 202 entreprises Européennes, référencés par Vigeo. En cas de réalisation d’un risque ESG, les entreprises les plus performantes du point de vue sociétal enregistrent des rentabilités anormales moins importantes. Le cours des actions ne reflétant que la réaction globale du marché, l’analyse a été complétée en examinant les volumes échangés, qui révèlent les changements d’opinion des investisseurs. Les entreprises les plus performantes du point de vue sociétal enregistrent un volume échangé anormal plus faible. Ce résultat suggère que pour ces entreprises, l’appréciation des investisseurs quant aux conséquences de l’événement négatif ne diverge que modérément. En outre, ces rentabilités et ces volumes d’échanges anormaux varient selon la catégorie du risque RSE. Les investisseurs sont particulièrement sensibles aux risques judiciaires et réputationnels. Les résultats obtenus corroborent l’hypothèse selon laquelle un fort engagement RSE peut agir comme une assurance et confirment la prise en compte croissante de la RSE par les marchés.

Création d’un observatoire des performances financières et marketing des structures de gouvernances alternatives européennes

Les avancées de ce travail, initié en 2014, concernent :
– La construction d’une grille d’indicateurs marketing et financiers, accessibles depuis les bases de données (FactSet, Compustat) et complétée par des recherches Internet. Ces données seront à récolter pour chaque entreprise, afin de constituer l’observatoire.
– L’identification d’associations de coopératives en France et à l’International, pour obtenir les données marketing particulièrement difficiles à trouver sur les bases de données. À ce jour, les contacts obtenus n’ont pu nous fournir les données recherchées, mais ils pourront être à nouveau sollicités si le projet d’observatoire évolue.
– La mise en place d’une étude permettant de savoir si les principes qui animent les coopératives sont transmis à leur(s) filiale(s) cotée(s). Suite au recensement d’environ 350 coopératives et 100 filiales cotées associées, une trentaine de ces dernières ont été identifiées sur la base de données FactSet. Elles servent actuellement d’échantillon pour cette étude et l’un des objectifs est d’atteindre une cinquantaine de filiales cotées.
– L’identification d’une base de données sur la satisfaction des consommateurs américains (ACSI) concernant des marques mondiales de tous secteurs d’activité. En couplant ces variables marketing avec celles financières extractibles sur d’autres bases de données (FactSet), une étude est actuellement en cours. Elle concerne les entreprises mondiales de tous secteurs d’activité et a pour objectif de construire une base matchée permettant de mettre en place différentes analyses.

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